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12.11.2015 Toujours avec mon cousin Vincent. Il aimerait faire une grosse rando d’une journée et veux être surpris! Sans le savoir, j’allais l’emmener sur la randonnée la plus emblématique que nous n’ayons fait tous les deux!

Oû emmener randonner un hollandais qui n’a pas mis le pied en montagne depuis plus de 13 ans, qui n’a plus d’entrainement montagne et qui peut être souvent foufou à ses heures… Ouf… pas évident! Il veut avoir des images incroyables à ramener avec lui aux Pays-Bas… Je décide d’orienter notre sortie du côté valaisan.

Avec les incroyables belles conditions météo des dernières semaines, je pense même lui faire frôler un sommet proche des 3000m… en partant du Col du Grand St-Bernard ça va être faisable sans avoir un trop grand dénivelé.

Je vérifie les topos pour la Pointe de Drône, les prévisions météo, je vérifie également toutes les webcams à plus de 2700m pour avoir une idée plus concrète des conditions d’enneigement. Tout semble ok!

Itinéraire

drone

04h46 rando (mais vu l’altitude, ajouter facilement 1h (attention, temps de marche uniquement!)

(avec nos péripéties de chaussures, les photos, la fatigue, etc, au total nous aurons mis 8h du départ à l’arrivée!)

11.3 KM – 786m dénivelé positif – 1’340m dénivelé négatif

Alt. min 1’893m – Alt. max 2’950m

La météo annonce grand beau, la neige sera probablement au rendez-vous mais sans excès, le topo pour la pointe de Drône semble tout à fait réalisable et cerise sur le gâteau: je souhaitais explorer cette région depuis plus de deux ans! Que du bonheur! On se donne rendez-vous à 7h00 du matin chez mes parents.

Au programme: Départ depuis l’hospice du Grand St-Bernard, direction Grande-Chenalette, Pointe de Drône, Fenêtre d’en Haut, descente vers les Lacs des Fenêtre puis remontée à la Chaux direction le Col des Bastillon, Col des Chevaux avant de retourner à l’Hospice. (Itinéraire en fin d’article)

Nous partons quasiment à l’heure et nous arrêtons en route à Martigny pour acheter un picnic. Nous sommes presque au bout du périple routier quand soudain, un panneau indique que la route pour le Col est fermée… grosse déception…. ! On décide de continuer tout de même est de voir ce qu’il en est sur place. A bourg St-Bernard, un petit panneau indique en effet que la route est fermée.

Aaaaaaargh que faire…. nous pouvons facilement passer à côté du panneau, et j’imagine que le panneau indique en fait uniquement que la route n’est plus entretenue pour l’hiver, mais ma conscience me travaille trop… Je stationne la voiture et nous décidons de modifier la trajectoire de notre randonnée.

Nous voyons une camionnette arriver à quelques distances, mon cousin, fidèle à lui même, me dit “Hey, on lui demande de nous prendre avec jusqu’au Col??” et moi “mais non, arrête, nos sacs ne sont pas prêts et non a pas encore nos chaussures aux pieds…!” mais je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’il est déjà à gesticuler à tout va avec ses bras pour que la voiture s’arrête.

Le véhicule s’immobilise et je cours demander au conducteur s’il serait d’accord de nous prendre avec lui. Coup de chance, il est iper sympa et nous courons chercher nos affaires à la voiture! C’est un ouvrier qui venait terminer un travail à l’hospice.

 

Nous entamons une petite discussion très sympathique et un poil lugubre lorsqu’il nous raconta l’histoire d’une des cabanes en pierres au Col qui servit dans les années 50, à entreposer les corps de victimes d’avalanches qui furent découvertes à la fonte des neiges et en attendant que ceux-ci ne soient descendus dans la vallée.

Notre co-voiturage dura un bon petit quart d’heure et donna une chouette tinte à ce début d’aventure. Arrivés à l’hospice, on se rend compte qu’il y a en réalité beaucoup de neige dans les pentes non exposée au soleil… aie… ça va être plus sport que prévu, il faudra bien gérer le temps, le trajet et les dangers! Et surtout nous adaptons l’itinéraire afin de retourner de façon plus directe à la voiture!

On se met en route. Il est 9h40 et la météo est vraiment parfaite! Les couleurs sont magnifiques, avec les alpages jaunis qui contrastent avec les teintes bleutées des sommets enneigés.

On a beaucoup de plaisir et nous retrouvons rapidement proche des premiers mini nevés. Nous marchons depuis une bonne heure et là….. c’est le drame!! Les semelles de mon cousin se décollent!!!

 

 

Heureusement, j’ai toujours avec moi des lacets de rechange et de la ficelle! ce fut salvateur!!! Nous ficelons solidement le tout et devons à présent faire face à un dilemne: rebrousser chemin ou tenter le sommet de la Pointe de Drône?

 

Le topo ne donnait pas de difficulté particulière hormis qu’il y a un passage avec des échelles et quelques câbles… Nous décidons de tenter encore un petit bout de chemin et de faire le point régulièrement pour évaluer si nous ferons demi-tour ou non.

 

 

Vingt minutes passent et nous découvrons un panorama splendide vers Grande Chenalette. Mon cousin s’arrête un moment pour manger quelque chose. L’aventure semble commencer maintenant: le terrain, en ardoises, est bien plus pentu et je crois deviner plus haut un passage avec ces fameuses échelles… youhouuu c’est parti!

 

 

Les plans de vues sont aériens et magiques! Et là, je bénis d’avoir pris en main mon vertige en commençant l’escalade il y a quelques temps! A l’époque jamais je n’aurais pu imaginer faire une randonnée telle que celle-ci, aujourd’hui c’est du piece of cake comme on dit en anglais 😉

 

 

 

 

Les cables et les échelles donnent une saveur d’aventure à notre ascension. Prit dans l’adrénaline, nous montons encore et encore.

 

Le dernier bout est un nouveau cable avant une sorte de faux plat et enfin à nouveau une descente au moyen d’un nouveau cable! Wow décidément, c’est une sacrée sortie!

 

 

 

 

 

 

Nous sommes à présent sur une sorte de plateau. Plusieurs cairns ornent celui-ci et nous indiquent le chemin à suivre. La neige est bien présente et parmi tous ces rochers, il est parfois difficile de suivre la trace. Plusieurs passages sont à nouveau équipés de cables, d’échellons, avant d’arriver sur un nouveau plateau qui monte gentiment en direction du sommet convoité.

 

 

 

Le cousin au sommet

 

 

 

 

 

 

 

Sur la crête du sommet

Et celui-ci ne sera pas du tout comme je me l’imaginais… jusqu’à présent, tous les sommets que j’ai fait étaient relativement larges… celui-ci est en arrête, magique, aérien, à donner le vertige! Waaaouuuuu je suis en extase! C’est incroyablement beau, ça descend à pic des deux côtés. Le faux pas ne pardonne pas!

 

 

 

 

Descente du sommet

Nous ne pouvons pas nous attarder, nous avons perdu beaucoup de temps à refaire à diverses reprises le ficelage des semelles de mon cousin… nous avons pris presque le double de temps que celui prévu pour le chemin parcouru… et nous avons encore toute une arrête à descendre, un autre col à passer avant de redescendre en direction de la voiture…

 

 

Quelle descente!! Wow! Pour bien faire, nous aurions pu nous encorder… mais sans baudriers et sans cordes… nous avons fait au mieux! Je suis épatée de ne pas avoir le vertige… là sous mes yeux, l’arrête enneigée par dans le vide… un faux pas, un glissement et c’est la fin! Je sens l’adrénaline, mais pas spécialement pour moi, je pense à mon cousin, à sa femme et ses enfants, je n’ai pas le droit à l’erreur! En tant que guide je dois assurer et réussir à le cadrer à le faire descendre sans heurts!

 

 

 

Les bâtons de marche sont rétractés et me servent de piolets dans cette pente raide… un passage difficile jusqu’à la prochaine chaine qui nous donnera un poil de sécurité durant quelques mètres.. puis une nouvelle sensation de vide… waow… pendant un quart de seconde je me dis que cette fois-ci, je suis bon pour appeler un hélico… mais en étudiant mieux le terrain je vois finalement le tracé, la nouvelle chaine… enfin, il semble que nous soyons sortis du plus durs!

 

Nous nous arrêtons un instant pour manger quelque chose! Mais nous ferons vraiment au plus vite! Je sais à quelle vitesse la lumière dégraisse en ce mois de novembre! Et je pousse mon cousin à avancer! Nous n’avons qu’une lampe frontale et je ne veux idéalement pas avoir à m’en servir…

Nous sommes à Fenêtre d’en Haut et il ne nous reste plus qu’à descendre dans la neige jusqu’aux lacs de Fenêtre.

 

 

 

Enfin un passage sans adrénaline, mais avec du fun!!! On décide de ne pas aller jusqu’au lac en contrebas, mais de couper dans le faux plat du pâturage au dessus pour gagner un peu de temps.

 

 

 

La montée du Col des Bastillons

Le passage vers le Col des Bastillon semble insurmontable, on dirait un mur de rochers… nous avons une appréhension avec les passages sans doute gelés….  Mon cousin est persuadé que je me trompe et que le col à prendre est devant nous, dans de belles pentes herbeuses qui semble bien plus facile à emprunter.

 

 

Mais je reste persuadée que j’ai vu juste (et oui… je suis un peu tétue parfois…^^). On continue de marcher, et là tout d’un coup à ma droite, je vois les marques rouges et blanches qui identifient le sentier! J’avais vu juste!!

 

Mon pauvre cousin… quand il réalise qu’il faut en effet prendre ce chemin, il est dépité, extenué, limite énervé… Je sens qu’il arrive à ses limites. Je le pousse, presque l’engueule en lui faisant réaliser que l’on a pas le choix! Le soleil part vite à cette période de l’année et je lui montre comme l’itinéraire se rallonge de 2 à 3h si nous dévions par le col qu’il veut prendre! Je le mets devant le fait accompli et le force à me suivre dans ce “mur”.

 

 

Passage bien glacé avant le Col

Finalement, c’est un sentier bien aménagé qui nous fait monter gentiment au Col des Bastillons! C’est en réalité presque le plus facile de toute la randonnée, hormis deux passages bien raides et glacés à l’ombre! Heureusement, les bâtons de marche sont salvateurs et nous arrivons vite au sommet!

 

 

Ouf!! Enfin le dernier Col! J’appréhendais la descente de celui-ci, spécialement avec les semelles décollées de mon cousin, mais au final, c’était de la tarte!

 

 

 

 

 

Deux étages au sommet

Le paysage devant nous descend en pente très douce, c’est un alpage qui nous semblera sans fin!

En ayant la voiture à Bourg St-Bernard, nous évitons de reprendre un nouveau Col, celui des Chevaux, et descendons par la Combe de Drône. Cette combe est infernalement longue!! Et les lueurs du jour s’estompaient à une vitesse de fou! Nous avons tout de même pu profiter d’un beau coucher de soleil sur les montagnes environnantes!

 

 

 

 

 

Nous avions rendez-vous avec mes parents aux bains thermaux d’Ovronnaz à 17h30 mais on réalise vite que l’on ne sera jamais à l’heure là-bas et avertissons ceux-ci que nous les retrouverons pour le souper au restaurant.

 

Je bénis le fait de toujours prendre une lampe frontale avec moi en montagne!! Celle-ci nous a sauvé la mise, entre autre pour trouver un petit pont qui nous raccourci le chemin pour retourner à la voiture!

Ereintés mais heureux!!! Nous repartons de cette belle région des souvenirs plein la tête.

Cette journée fut riche en émotions, en leçons, en découvertes! Tant la nature qui nous entourait nous émerveilla, tant notre nature intérieure, notre capacité à surmonter nos peurs – nos angoisses – nos limites et celles de l’autre furent une véritable aventure personnelle.

Une journée qui restera longtemps dans nos mémoires!

 

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